Episode 01 - La cuisine comme acte de générosité
Pour ce premier épisode, j'accueille Benoît Carion, père de deux jeunes enfants, passionné de com' et de vin. Il partage sa vision d'une cuisine généreuse et sans prise de tête : le spaghett' bolo hérité de sa mère, les 3 ingrédients pour être le roi de ses enfants et, ses adresses à Bruxelles
En bref : Dans ce premier épisode d'Entre la soupe et les patates, Benoît Carion (38 ans, papa de deux jeunes enfants, passionné de vin et de communication) raconte sa vision d'une cuisine généreuse et sans prise de tête (parce que quand les enfants crient famine en rentrant de l'école, il n'y a pas de place pour la perfection). Au programme : le spaghett' bolo à la belge hérité de sa mère, les 3 ingrédients qui font de toi le roi des enfants en 20 minutes, et quelques vérités sur la cuisson à l'inox.
Benoît Carion, qui es-tu ?
Benoît Carion, 38 ans, père de deux enfants (un an et demi et quatre ans), travaille dans la communication et le vin, et a aussi son agence de conseil marketing en parallèle. Un homme, comme il dit lui-même : "parfois je trouve un peu le temps pour dormir mais c'est rare."
C'est cette vie à 200 à l'heure qui donne toute sa saveur à ce qu'il raconte sur la cuisine. Ce n'est pas quelqu'un qui cuisine dans une cuisine bien rangée avec tout le temps du monde. C'est quelqu'un qui rentre le premier, qui voit les enfants qui ont faim maintenant, et qui enclenche.
La cuisine, une histoire de générosité
Pour Benoît, cuisiner n'est pas une corvée. C'est un plaisir (et ce plaisir est profondément généreux) : "J'aime bien faire plaisir de nature. C'est un peu bateau de dire ça mais ça me fait plaisir."
L'organisation à la maison, c'est souvent sa compagne qui propose les idées de menus et qui le challenge chaque semaine. Lui, il répond au challenge quand il peut (et quand il rentre le premier, c'est lui qui enclenche). Pas parce que c'est son rôle, mais parce que quelqu'un doit bien le faire et que ça ne le dérange pas.
"C'est une nécessité mais ça me fait plaisir quand même de faire à manger."
Comment le goût de la cuisine lui est venu
Benoît avait vraiment envie de devenir cuisinier quand il était jeune. Il passait du temps à côté de sa mère et de sa grande sœur qui cuisinait beaucoup. Dans sa famille, il y avait un restaurant qui l'avait marqué lors d'un mariage : "Je me suis dit 'OK, là c'est vraiment ce que je veux faire'." La famille royale a fini par reprendre la villa et l'abandonner. La parenthèse s'est fermée. Mais la passion, elle, est restée quelque part.
Aux études, il a eu "plutôt la flemme de cuisiner". C'est la vie de famille (avec des enfants qui mangent, qui ont faim, qui attendent) qui l'a rechallengé.
Le spaghett' bolo à la belge (le plat fétiche)
Si tu demandes à Benoît son plat de cœur, il ne réfléchit pas longtemps : les pâtes bolognaise. À la belge, pas à l'italienne. Il est le premier à admettre que c'est "le gros cliché des Belges", mais il assume.
Ce qu'il reconnaît aussi volontiers, c'est que sa compagne les réussit mieux que lui (au point qu'à chaque fois qu'elle lui demande ce qu'il veut manger la semaine prochaine, il donne toujours la même réponse). "Je lui dis aussi pour l'emmerder un peu. Donc voilà, on se taquine."
La différence entre le bolo belge et le ragù toscan ? Benoît a eu son souvenir toscan, dans la région de Florence, et il est lucide : "J'aurais jamais ce niveau. On fait plutôt un mix, on essaie de mettre un peu de choses (la magic touch) mais sinon on reste sur la version belge."
Sa magic touch à lui : une petite touche de céleri dans la bolo. Un détail qui change tout et qu'on ne retrouve pas partout.
La recette complète de Benoît est disponible ici.
Les 3 ingrédients pour être le roi de tes enfants
En semaine, 20 minutes, les enfants qui crient famine. Qu'est-ce qu'on fait ?
Benoît a une réponse claire : "Mes priorités, elles vont aller directement vers ce qui va plaire à mes enfants." Et les 3 ingrédients magiques pour être le roi, c'est poulet, pâtes, fromage. "Là tu es déjà le roi."
Ses plats express du quotidien :
- Pâtes carbo (simple, rapide, efficace avec les enfants)
- Pâtes aubergines (sauce tomate, mozzarella, pas de viande rouge, parce qu'ils essaient de ne pas en abuser). "Ça marche bien aussi, les enfants aiment bien."
- Poulet-compote-croquettes (le truc de flemmard assumé). Croquettes congelées au four, compote en morceaux avec un peu de beurre. "C'est gourmand, c'est bon." Et le poulet à l'inox, il insiste : "Tu as une bonne croûte, c'est super bon."
Les tips techniques de l'épisode
Passer à l'inox (et le test de la gouttelette)
Benoît est passé à la poêle en inox après le scandale du téflon. Son retour d'expérience : ça demande un temps d'adaptation, ça colle vite si on n'est pas attentif, mais ça vaut le coup.
Le test de la gouttelette, c'est lui qui en parle le premier dans l'épisode. Le principe : on fait chauffer la poêle à sec, on dépose une petite goutte d'eau de temps en temps. Tant que la goutte s'évapore directement, la poêle n'est pas assez chaude. Quand elle "danse et tourne autour de la poêle", c'est le bon moment pour déposer les aliments. Benoît admet qu'il n'a pas toujours la patience de le faire (mais il sait très bien quand il ne l'a pas fait).
J'ai réalisé une petite vidéo pour montrer ce test en pratique (disponible juste en dessous).
La règle d'or des pâtes (100/10/1)
C'est écrit sur les bons paquets de pâtes : 1 litre d'eau, 100 g de pâtes, 10 g de sel. Ce n'est pas gravé dans le marbre (si la sauce est déjà salée, on ajuste), mais c'est le point de départ.
Deux règles absolues que Benoît et moi sommes d'accord pour défendre :
- Jamais d'huile dans l'eau des pâtes. "Tu sais physiquement que l'huile remonte à la surface de l'eau", dit Benoît. Une fois les pâtes égouttées, l'huile les enrobe et empêche la sauce d'accrocher. Résultat : inutile et contre-productif.
- Toujours saler l'eau des pâtes (et ne pas la jeter). L'eau de cuisson chargée en amidon permet de lier la sauce. On fait sauter les pâtes directement dans la sauce avec une louche d'eau de cuisson. C'est la base, mais ça change tout.
Les couteaux (hors du lave-vaisselle)
Benoît reconnaît volontiers que chez lui, le réflexe c'est "d'en acheter des nouveaux" plutôt que de les aiguiser. Et ils en ont probablement flingué quelques-uns en les passant au lave-vaisselle.
La règle est simple : un bon couteau de cuisine ne passe jamais au lave-vaisselle. La chaleur, l'humidité et les produits abîment le tranchant de façon irréversible. On lave à la main, on sèche immédiatement. J'en parlerai plus longuement dans un article dédié (avec ma technique pour affûter les couteaux).
La précuisson (le vrai truc de flemmard intelligent)
L'astuce de Benoît pour gagner du temps en semaine : cuire certains éléments à l'avance. Le midi, le week-end, ou quand on a un peu de temps (on prépare ce qu'on peut, et le soir on assemble). Pas révolutionnaire, mais dans la vraie vie de famille, c'est ce genre de réflexe qui fait la différence.
Ses adresses bruxelloises
- The Barn — Le marché bio de référence pour les légumes, fruits, fromages et pain bio.
- La Boule — Boulangerie artisanale à Saint-Gilles. "Tu rentres dans la boulangerie, c'est l'explosion. Comme quand on était gosse, tu sens le pain qui vient de cuire."
- Tartine et Boterham — Le site pour trouver les vraies boulangeries artisanales à Bruxelles. Benoît y a découvert La Boule.
- Benoît Nihant — Chocolatier belge cacao-févier. "Pour moi, c'est un des meilleurs chocolats belges. Il mériterait d'être plus connu." Benoît n'hésite pas à aller jusqu'à Uccle ou Stockel pour en acheter.
- Patrick Roger — Le chocolatier parisien préféré de Benoît. "C'est vraiment un geek, un taré du chocolat, il fait des œuvres d'art." Il a payé 20 à 30€ de frais de livraison pour une boîte. Aucun regret.
- 't Krokantje — La friterie du quartier, au nord de Bruxelles, à la frontière avec Grimbergen. "Si vous habitez près de l'Atomium, ça vaut le coup de se déplacer."
- Le Corbier — Resto mythique du Sablon récemment repris. Cuisson immersive au feu de bois, déco chargée d'histoire, et surtout : "Un vrai service de resto. Tu vois qu'ils sont là pour toi. Et ça se perd de plus en plus."
- Bruxelles Kitchen — Le blog et livre de recettes de Chloé Roose. Benoît l'apprécie pour son contenu et son style graphique propre (même si sa compagne la supporte moins bien, pour une raison que vous découvrirez dans l'épisode).
La question laissée au prochain invité
Benoît a une question pour mon prochain invité : "Si tu as 15 minutes pour préparer un truc, qu'est-ce que tu vas faire ?" Il a d'abord hésité à dire 10 minutes. Il est resté gentil.
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Si cet épisode t'a donné faim (et pas seulement de bolo), la suite est par ici. Retrouve le podcast et toutes les recettes qui vont avec sur les plateformes ci-dessous.
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Questions fréquentes
Pourquoi ne faut-il pas mettre d'huile dans l'eau des pâtes ?
Comme Benoît le dit très justement : "Tu sais physiquement que l'huile remonte à la surface de l'eau." Elle ne prévient pas les pâtes de coller entre elles pendant la cuisson (et après égouttage, elle les enrobe et empêche la sauce d'adhérer). La seule chose qu'on met dans l'eau des pâtes, c'est du sel.
C'est quoi le test de la gouttelette pour cuisiner à l'inox ?
On fait chauffer la poêle à sec sur feu moyen. On dépose une petite goutte d'eau de temps en temps. Tant qu'elle s'évapore immédiatement, la poêle n'est pas assez chaude. Quand elle danse et fait le tour de la poêle sans s'évaporer, la poêle est à bonne température (on peut déposer les aliments sans qu'ils collent).
Quelle est la recette du spaghett' bolo à la belge de Benoît ?
La recette complète est disponible juste en dessous de cet article, avec les ingrédients et les étapes. La magic touch de Benoît : une petite touche de céleri dans la sauce (un détail simple qui change vraiment quelque chose).